Expérimentation grandeur nature au Domaine de Lamothe : Les associations culturales à l’épreuve du terrain
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Réunion bout de champs au domaine de Lamothe
Jeudi 26 mars dernier, la FD CUMA 31/09 s’est rendue sur l’exploitation agricole de l’école d’ingénieurs de Purpan, implantée depuis 1973 au Domaine de Lamothe. Cette visite s’inscrivait dans le cadre d’une rencontre « bout de champs » du GIEE DEFILE Légumes Secs, porté par l’ACVA (Association Cantonale de Vulgarisation Agricole) de Muret – Saint-Lys, en partenariat avec Milpat (Mouvement pour l’instauration de Projets Alimentaires de Territoire).
Cette matinée avait pour objectif de présenter un essai d’association de cultures en conditions réelles, d’en tirer de premières observations et de favoriser les échanges entre agriculteurs, membres du GIEE et partenaires techniques. Elle a également permis de confronter les pratiques et d’identifier des leviers d’amélioration autour de la conduite des légumineuses.
Une expérimentation en conditions réelles
Sur le plan technique, la parcelle d’essai de Purpan a été semée le 5 novembre 2025. Trois modalités sont testées sur des surfaces de 1 400 m² chacune :
● Une association lentille / petit épeautre, avec une densité de semis en pur de 300 g/m² pour la lentille et 350 g/m² pour le petit épeautre. Le semis a été réalisé à une densité de 80 % pour la lentille (240 g/m²) et de 30 % pour le petit épeautre (105 g/m²), afin de limiter la concurrence entre les deux espèces et permettre au petit épeautre de jouer un rôle de tuteur pour la lentille ;
● Une association lentille / blé tendre, avec une densité de semis en pur de 300 g/m² pour la lentille et 380 g/m² pour le blé. Le semis a également été réalisé à une densité de 80 % pour la lentille (240 g/m²) et de 30 % pour le blé (114 g/m²).
● Une association lentille / orge de printemps, avec une densité de semis en pur de 300 g/m² pour la lentille et 450 g/m² pour l’orge de printemps. Le semis a été réalisé à une densité de 80 % pour la lentille (240 g/m²) et de 30 % pour l’orge (135 g/m²).
Premières observations et enseignements
Les premières observations de terrain mettent en évidence des irrégularités au sein des parcelles. Celles-ci s’expliquent principalement par les conditions climatiques, notamment les excès d’eau liés à la localisation en bord de cours d’eau, sur des sols hydromorphes.
Malgré ces contraintes, les zones épargnées apparaissent prometteuses. Nous avons pu constater une bonne levée, aussi bien pour la lentille que pour les céréales associées. A ce stade, le blé et plus fortement le petit épeautre ne jouent pas encore
pleinement leur rôle de tuteur, leur développement étant encore insuffisant. Néanmoins, la dynamique de la culture reste encourageante.
Par ailleurs, la présence d’adventices observée sur la parcelle reste relativement faible, ce qui constitue à ce stade un élément encourageant. Si cette tendance se confirme au cours du cycle cultural, cela pourrait représenter un véritable point positif et mettre en évidence l’intérêt de ces associations culturales dans la gestion des mauvaises herbes.
Lors du temps d’échange en salle, il est ressorti que les conditions pédoclimatiques de la parcelle ne sont pas idéales pour ce type d’association.Une nouvelle rencontre pourrait être organisée au stade de floraison afin d’évaluer le comportement de la culture sur le long terme.
Le tri optique : une solution en test
Les échanges en salle ont également permis d’aborder la question du tri des productions, avec la présentation d’un dispositif de tri optique proposé par la FD CUMA 31/09 en association avec l’entreprise MEYER.
L’objectif est de proposer une solution de tri optique très performante tout en restant accessible en termes de tarif. La FD CUMA 31/09 propose un test d’un an via l’entreprise MEYER et, si les quantités et la qualité de tri sont satisfaisantes, la création d’une CUMA itinérante de tri optique pourra être étudiée.
Le fonctionnement en cette première année consiste en des tournées d’un technicien MEYER avec un camion équipé du trieur optique qui se déplace directement sur les exploitations ou à proximité dès qu’un volume de triage minimal de 4 tonnes est atteint.
Le dispositif comprend un temps d’installation rapide ainsi qu’un pré-tri mécanique en amont, nécessaire pour assurer la qualité du tri optique.
Enfin, le tarif se compose d’une part fixe de 600 € par site à répartir entre les utilisateurs, à laquelle s’ajoute un coût de 500 € par tonne, sur la base d’une pesée réalisée avant triage.
Pour plus dinformation contacter Bastien ROUX : N° 06 31 13 02 16
Un voyage d’étude en Catalogne pour s’inspirer
Dans la continuité des échanges, un projet de voyage d’étude en Catalogne a été présenté aux participants.
Organisé les 27 et 28 avril 2026, ce déplacement vise à découvrir des systèmes agricoles performants autour de la production de légumes secs en Catalogne.
Au programme : visites d’exploitations diversifiées, échanges sur les pratiques culturales (rotations, fertilité des sols, adaptation au changement climatique) et découverte d’une coopérative structurée autour des légumineuses et des céréales.
Ce voyage, ouvert à l’ensemble des acteurs de la filière et gratuit pour les agriculteurs, constitue une opportunité de s’inspirer de modèles existants, de créer des liens entre producteurs, techniciens et chercheurs, et d’accompagner le développement des filières locales en Occitanie.
Il est encore possible de s’inscrire via ce lien avant le mardi 07 avril.
Conclusion
Cette rencontre bout de champs au Domaine de Lamothe illustre pleinement l’intérêt des dynamiques collectives pour accompagner le développement des filières légumes secs. Entre observations terrain, échanges de pratiques et présentation d’outils innovants comme le tri optique, cette matinée a permis d’apporter des éléments concrets elle met également en évidence l’importance de croiser les expériences, à l’échelle locale comme à l’international, notamment à travers des initiatives telles que le voyage d’étude en Catalogne.
La FD CUMA 31/09 poursuit ainsi son engagement aux côtés des agriculteurs, des partenaires du territoire et des acteurs de la recherche pour favoriser l’innovation, la mutualisation des moyens et la structuration de filières durables en Occitanie.
Un grand merci à Yasmine Ben Afia, Ingénieure de recherche en agronomie à l’école d’ingénieur de Purpan, pour son accueil et la présentation des parcelles d’expérimentation.



